« Stoned Pirates », un futur Ambassadeur de l’Art Algérien à Hollywood

Interview réalisée le 24 Octobre 2019

Centre Algérien de Diplomatie Economique : Pourriez-vous vous présenter auprès de nos lecteurs et nous donner l’origine du concept « Stoned Pirates » ?

Stoned Pirates : Je m’appelle Khaled SAHOUR, je suis multi-instrumentaliste, photographe, artiste en effets visuels et réalisateur de cinéma. Je suis originaire d’Algérie, parti vivre et étudier à Los Angeles pour me consacrer à mon art.

Lorsque je vivais à Constantine, je faisais partie d un groupe de musique qui s’appelait Stoned et qui a ensuite évolué en Stoned Pirates. C’est moi qui ai choisi ce nom. Il signifie une sorte de rébellion plutôt intellectuelle.

CADE : Vous avez lancé récemment votre premier album, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le contenu ?

Stoned Pirates : Je voulais depuis longtemps produire un album de musique mais, occupé par ailleurs par d’autres projets, je n’ai jamais eu le temps de me consacrer entièrement à la production musicale qui réclame énormément de temps et nécessite beaucoup de patience.

Cet album est composé de neuf chansons dont je suis l’auteur et le compositeur. Je me suis également occupé de l’enregistrement et de la production. Cela marque mon début officiel dans la musique sous le nom de « Stoned Pirates ». J’ai collaboré, pour le mixing et le mastering, avec le multi grammy winner suédois : Thomas JUTH.

            Le clip vidéo que j’ai réalisé en 3D (d’une durée de cinq minutes) pour la chanson Nothing, vient de recevoir, au festival « Florence Film Awards », le prix des meilleurs effets spéciaux avec mention honorable en science-fiction. Il a été, par ailleurs, sélectionné dans trois autres événements.           

CADE : Votre style est inspiré d’un mélange de cultures américaine et algérienne. Plusieurs médias vous ont interviewé sur ce sujet (National Geographic, Sony World Photography organization, Voyage LA, El watan, Expression DZ, 3D TOTAL…etc.). Comment avez-vous utilisé cette combinaison pour vous démarquer dans le milieu artistique et créer votre propre style ?

Stoned Pirates : Pour le style, je pense que cela vient naturellement. Il faut savoir écouter sa voix intérieure et rester authentique. Il est facile de surfer sur la tendance pour se lancer rapidement, mais il est plus difficile de créer son propre univers. Cela prend beaucoup plus de temps, de patience et de courage mais une fois que l’on a réussi, l’on a quelque chose de solide et d’authentique correspondant à sa propre image et à sa personnalité. Il faut y croire, persévérer et beaucoup travailler. Le talent ne représente que 20 % du succès, le reste provient du travail.

CADE : L’art est un élément fondamental dans le rayonnement d’un pays, Croyez-vous que l’Algérie soit en mesure de développer son influence internationale (soft power) à travers son patrimoine artistique et culturel ? si oui, comment ?

Stoned Pirates : Absolument. L’Algérie possède beaucoup de talents basés au niveau national ou international. Les algériens sont très créatifs et veulent toujours réussir. Ils compensent le manque de moyens par de la volonté et la persévérance. Mais, je suis obligé d’avouer que ce n’est pas du tout évident, je l’ai vécu moi même quand j’étais en Algérie. Le talent sans moyens ne peut aller très loin.

Il faut des infrastructures dans beaucoup de domaines, des structures de gestion à la hauteur des attentes des jeunes, des talents. Si un jeune réussit c’est l’Algérie qui rayonne.

L’Algérie peut développer son influence internationale à travers la valorisation et le soutien des « success stories » réalisées par ses citoyens ou ses institutions publiques ou privées. Il faut montrer que l’algérien veut, peut et réussit, lui donner de la valeur à l’échelle internationale.

En revanche, les « succes stories » doivent naître des personnes physiques ou morales et être conçues principalement par eux-mêmes. Il y a beaucoup d’exemples de réussites collectives ou individuelles. Le dernier en date est le titre de champion d’Afrique 2019 en football, et ce n’est pas rien. On peut aussi le constater dans d’autres domaines artistiques.

Il faut y croire, se lancer à 100 %, ne pas craindre l’échec mais le doute est indispensable à la réussite. Il fait même partie du processus. Il faut persévérer, travailler durement et apprendre également des autres cultures. Le monde est devenu un village à visiter pour ensuite revenir avec un fruit dont l’Algérie ou l’algérien peut bénéficier.

CADE : Enfin, de quelle manière un artiste tel que vous peut contribuer au rayonnement de l’art algérien à l’international ?

Stoned Pirates : Je pense que l’artiste joue un rôle important dans n’importe quelle société. Un musicien écrit la bande son de la vie des gens. La musique les rapproche ainsi que les différentes cultures. Elle peut donner du courage et aider à aller de l’avant. L’art inspire et je pense que l’Algérie en a besoin. On a besoin de croire que l’on peut réussir. On a besoin de rêver et d’imaginer un meilleur futur pour nous-mêmes, à notre façon, pas d’une façon dictée par la parabole. On a besoin de culture locale et de forger notre propre identité. Tout projet sérieux, dans n’importe quel domaine, commence par un rêve. Même Einstein a rêvé la relativité !

Interview réalisée par l’équipe du Centre Algérien de Diplomatie Économique .

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