Afrique du Nord : Trafic d’être humain, terrorisme, contrebande et commerce illicite – Interview du Dr Geoff D. Porter – Président de NARCO, New York

Interview publiée le 06 Avril 2021

Interview traduite en Français par Sarra Bouzidi

Dr Geoff D. Porter est président, fondateur et directeur général de North Africa Risk Consulting, INC, une société de conseil spécialisée dans les risques politiques et sécuritaires en Afrique du Nord. NARCO conseille les entreprises multinationales sur les contextes politiques et sécuritaires en Algérie, en Libye, en Mauritanie, au Maroc et en Tunisie.

Le Dr Porter était auparavant professeur adjoint au département des sciences sociales de l’Académie militaire des États-Unis à West Point et chercheur au Centre de lutte conte contre le terrorisme « Combating Terrorism Center » de 2013 à 2016. Ses recherches ont porté sur les conflits et l’instabilité ainsi que sur les industries extractives en Afrique du Nord et au Sahara.

En 2017, vous avez contribué à l’audition devant le sous-comité de la lutte contre le terrorisme et le renseignement du comité de la sécurité d’intérieure de la chambre des représentants sur la première session du cent quinzième congrès autour du terrorisme en Afrique du nord : un examen de la menace.

M. Porter est titulaire d’une maîtrise en arabe classique et d’un doctorat en études du Moyen-Orient, tous deux obtenus à l’Université de New York. Il parle couramment l’arabe et le français et, au cours de sa carrière, a beaucoup voyagé et vécu en Afrique du Nord.

Centre Algérien de Diplomatie Économique : Forbes a mentionné dans l’un de ses rapports que « la traite des êtres humains est une industrie mondiale de 150 milliards de dollars par an. » Les régions d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord représentent une part importante de ce commerce illégal. Selon vous, quels sont les facteurs qui contribuent à la traite des êtres humains de l’Afrique subsaharienne vers l’Europe du Sud et du Nord, en passant par l’Afrique du Nord ?

Dr Geoff D. Porter : En général, lorsqu’on parle de migration et de la traite des êtres humains, qui est une sous-catégorie illégale de migration, on parle de facteurs d’incitation et d’attraction, mais il existe des incitations pour les Africains subsahariens à entreprendre un voyage très difficile à travers le Sahel, l’Afrique du Nord, la Méditerranée et l’Europe du Sud. Ces incitations comprennent de meilleures opportunités de travail, de meilleures opportunités d’éducation, de meilleures opportunités de soins de santé, de meilleures opportunités de logement et, en général, une meilleure vie pour eux et leurs enfants. En outre, il y a les incitations négatives ou les facteurs d’incitation qui émergent de l’Afrique subsaharienne elle-même, où l’on retrouve l’image miroir de ce qui se passe en Europe : un terrain de jeu très inégal qui contribue à la domination d’une élite économique, sociale et politique et à la marginalisation de la majorité des populations d’Afrique subsaharienne dans la vie économique, politique et éducative de leurs pays.  La corruption est un facteur déterminant des mauvaises conditions de vie des Africains subsahariens, qui cherchent de meilleures opportunités en Europe. En outre, vous avez des problèmes de sécurité humaine, le manque de nourriture, d’éducation, de soins de santé et  de logement et la prépondérance d’une criminalité et/ou d’une violence politique. Il existe une multitude de facteurs qui incitent ou poussent les Africains subsahariens à chercher une vie meilleure en Europe, puis il existe une multitude de facteurs en Europe qui sont attrayants pour les Africains subsahariens et qui les attirent ou les tirent vers l’Europe. La combinaison de la poussée et de l’attraction est si puissante que, comme vous l’avez mentionné, de nombreux Africains subsahariens sont prêts à risquer leur vie en traversant le Sahel, en traversant l’Afrique du Nord, qui peut aussi être un environnement hospitalier, et même en traversant la Méditerranée en bateau. La traite des êtres humains est un sous-ensemble de la migration dans lequel des organisations criminelles exploitent ces facteurs d’incitation et d’attraction pour faire passer des personnes de l’Afrique subsaharienne à l’Afrique du Nord, puis de la Méditerranée à l’Europe.

CADE : En considérant les commerces illicites tels que les drogues et les contrefaçons, le trafic illicite d’armes et de cigarettes et le vol de cargaison de d’huile. Pourriez-vous traduire les entreprises susmentionnées en chiffres dans les régions d’Afrique sub-saharienne et d’Afrique du Nord ? En outre, sur la base de vos données, quelles sont les activités les plus illicites en Libye, au Niger, au Tchad et au Mali ?

Dr Geoff D. Porter : J’inclurais également dans les activités que vous avez mentionnées le trafic d’espèces menacées, la pêche illégale, le braconnage d’espèces sauvages et, le plus souvent, vous constaterez que les mêmes types d’organisations qui sont impliquées dans le trafic de drogue, la contrebande, le trafic d’êtres humains, sont également impliquées dans la pêche illégale ou dans le braconnage d’espèces sauvages ou dans le trafic d’espèces menacées ; le plus souvent, toutes ces entreprises criminelles qui se chevauchent ou s’imbriquent les unes dans les autres exploitent les mêmes types de réseaux et les mêmes types de canaux pour faire transiter leurs marchandises illégales soit du nord vers l’Europe, soit du sud vers l’Afrique subsaharienne. En ce qui concerne les activités qui sont les plus importantes au Niger et en Libye, la Libye est un environnement chaotique dans lequel toute une série d’activités illégales a lieu, souvent sous la protection de milices qui sont vaguement alliées à l’État libyen lui-même. Il devient donc très difficile de les contrôler efficacement : les policiers sont les criminels et ils sont moins enclins à se contrôler eux-mêmes. ll y a le trafic d’êtres humains, je pense que cette tragédie a atteint son apogée en 2018 et 2019, avec des marchés d’esclaves en Libye où les individus étaient vendus d’une organisation de trafiquants à une autre. En outre, même sous l’ère Kadhafi et entre 2012 et 2014, si vous vous promeniez sur les marchés de Tripoli ou de Benghazi, vous trouviez des animaux sauvages en voie de disparition, des pierres précieuses et de l’or faisant l’objet d’un trafic, ainsi que toutes sortes de drogues, qu’il s’agisse de drogues illégales comme la cocaïne ou le haschisch ou de médicaments délivrés sur ordonnance dont la date de péremption avait expiré en Europe et qui étaient à ce moment-là  vendus en Libye comme un traitement médical viable. L’environnement criminel en Libye représente tout le spectre des activités illégales, du braconnage au trafic de drogue en passant par le trafic d’êtres humains. Le Niger est plus limité, bien qu’il y ait une propension au trafic d’êtres humains au Niger, où les trafiquants font transiter leur cargaison humaine du Niger vers la Libye, puis de la Libye vers l’Europe. Il y a aussi la prépondérance des produits pharmaceutiques illégaux qui apparaissent maintenant au Niger en nombre assez important, et la police nigériane a récemment découvert une énorme cachette de Kief et de haschisch marocain. Il a été identifié comme étant du haschisch libanais. Encore une fois, le Niger n’est pas aussi anarchique et l’environnement criminel n’est pas aussi endémique qu’en Libye, mais vous avez toujours des points de contact importants concernant le trafic d’êtres humains et la contrebande de drogue.

CADE : Cela fait-il de la Libye un terrain fertile pour les terroristes ou les attaques et risques terroristes ?

Dr Geoff D. Porter : Oui et non, les organisations terroristes tirent des bénéfices financiers d’activités criminelles, nous le savons, un exemple classique est celui de Mokhtar Belmokhtar, aujourd’hui décédé, qui a initialement collecté des fonds pour l’organisation dont il faisait partie à l’époque, le GSPC, en vendant des cigarettes de contrebande et nous savons également que l’État islamique a profité de la vente de carburants, qu’il s’agisse d’essence ou de diesel, et qu’il a également profité du trafic d’êtres humains. Il existe donc une relation entre les organisations terroristes et l’activité criminelle, cette dernière fournissant un soutien financier aux organisations terroristes et leur permettant d’atteindre leur objectif principal, à savoir le terrorisme, afin de faire avancer leur programme politique. Cependant, mon argument a toujours été que les principaux moteurs du terrorisme sont l’absence d’État de droit, la mauvaise gouvernance et les niveaux élevés de corruption. Si vous regardez ce que veulent les terroristes, le plus souvent, que vous les croyiez ou non, le plus souvent, ce qu’ils veulent, c’est transformer la société d’une manière qu’ils pensent plus juste et plus équitable.

Donc, si vous pouvez aborder les questions de gouvernance, de justice, de corruption ou d’équité, alors je pense que vous pouvez faire un grand pas en avant dans la lutte contre le terrorisme et, par coïncidence, beaucoup de ces questions de bonne gouvernance et de justice font également un grand pas en avant dans la lutte contre les activités criminelles. Les deux vont de pair, mais je pense que le principal moteur du terrorisme est la mauvaise gouvernance, la corruption et l’absence de justice dans les activités criminelles.

CADE : Compte tenu de vos connaissances et de votre expérience de l’Algérie, quels types d’entreprises illicites ont été découverts en Algérie ?

Dr Geoff D. Porter : C’est assez intéressant parce que le montant des activités illicites qui ont lieu en Algérie par rapport aux activités illicites qui ont lieu en Libye, en Tunisie, au Maroc, au Niger et au Tchad est insignifiant. Il y a une présence sécuritaire beaucoup plus importante et beaucoup plus cohérente en Algérie, ce qui lui permet de limiter des activités comme le trafic d’êtres humains, le trafic d’espèces menacées, le trafic de drogue. On découvre parfois d’importantes caches de drogue que les trafiquants tentaient de faire transiter par l’Algérie, on constate des cas d’immigration clandestine à travers l’Algérie, mais souvent, les personnes concernées ne font pas l’objet d’un trafic à travers l’Algérie, elles essaient simplement de passer par l’Algérie pour se rendre en Europe, et on a également des cas de de vente de cocaïne, de haschisch, de produits pharmaceutiques illégaux ou périmés, mais par rapport à ses voisins, les chiffres de l’Algérie sont vraiment très bas et je pense que l’une des raisons en est que l’Algérie consacre une part importante de son budget annuel à son secteur de la défense, qui est dédié à la protection des frontières algériennes, Il surveille les frontières de l’Algérie de manière beaucoup plus rigoureuse que ne le font, par exemple, les services de sécurité de la Libye. En outre, un pourcentage important du budget est consacré à la gendarmerie algérienne, qui surveille également très rigoureusement l’environnement national.     

CADE : En raison de la fragilité institutionnelle des pays de la région du Sahel, une force conjointe a été formée pour combattre la menace du terrorisme et du crime organisé, appelée le G5.  Comment cette force doit-elle opérer en priorité pour atteindre cet objectif ?

De plus, étant donné que la Libye représente un grand défi sécuritaire principalement pour l’Algérie et l’Egypte. Quelle est la meilleure solution selon vous pour trouver un accord entre le gouvernement de Benghazi et celui de Tripoli ?

Dr Geoff D. Porter : En ce qui concerne le G5, il est dans une situation difficile, il a un mandat très important. Ce que le G5 est censé faire en fin de compte est tellement au-delà de ce que les capacités actuelles du G5 sont. Il y a donc eu une série de plans et de propositions visant à accroître la capacité des États membres du G5 afin de leur permettre d’assumer les responsabilités qui leur ont été confiées au tout début de la création de l’organisation. L’un des problèmes est que l’argent qui a été engagé pour soutenir ces plans et propositions visant à accroître les capacités des États membres du G5 n’a pas été aussi disponible que prévu. Ainsi, le G5 existe en grande partie sur le papier et dispose d’un leadership militaire considérable. Chacun des États membres du G5 a engagé un certain nombre d’officiers pour soutenir les initiatives et les missions du G5, mais en fin de compte, la majorité du travail que le G5 est censé faire pour lui-même est entrepris par d’autres armées étrangères au Mali et au Niger voisin. Vous avez donc une multitude de militaires européens ainsi qu’une présence militaire américaine au Mali et au Niger qui servent de substitut ou de remplacement pour ce que le G5 est censé faire en fin de compte. Si l’argent arrive un jour et que le G5 s’engage pleinement, il est possible qu’il puisse assumer les responsabilités qui lui ont été assignées au tout début, mais jusqu’à ce que cela arrive, je pense que le G5 sera toujours derrière une force militaire étrangère qui fera le gros du travail pour établir la sécurité dans le nord du Mali et dans le sud-ouest du pays. En ce qui concerne la Libye, il y a eu un processus dédié de l’ONU qui a récemment abouti à la sélection d’un nouveau gouvernement de leur forum de dialogue politique libyen, le LPDF. Cependant, il est apparu publiquement que le processus du LPDF était entaché de corruption, qu’il a souffert de l’influence des acteurs financiers et des bienfaiteurs de différents acteurs politiques mandataires et que, par conséquent, la légitimité du nouveau gouvernement d’unité nationale GNU est remise en question. Ce qui est également intéressant, c’est que les membres du LPDF et les membres du groupe d’experts des Nations unies qui participaient en marge du LPDF ainsi que les membres de la mission de soutien des Nations unies en Libye étaient au courant des problèmes de corruption au sein du forum dès le mois de novembre. Maintenant, parce que le LPDF était censé produire un gouvernement d’unité nationale et sortir la Libye de la guerre civile actuelle, il semble que les membres de l’ONU, les membres du groupe d’experts de l’ONU ainsi que les membres du LPDF lui-même ont refusé de traiter les questions de corruption au sein du processus et ont conduit maladivement ce processus jusqu’à sa fin en espérant que le processus lui-même servirait à valider le nouveau gouvernement plutôt que de se concentrer sur les problèmes qui étaient partiels du processus. Nous avons donc un gouvernement d’unité nationale, nous avons un nouveau Premier ministre en Libye, ce Premier ministre aurait acheté les votes au sein du LPDF qui lui ont permis de gagner et il semble qu’il y ait un potentiel pour une nouvelle guerre civile et un potentiel pour une répétition des problèmes qui ont affecté le gouvernement d’accord national, le GNA, qui a précédé le GNU, le gouvernement d’unité nationale, et il semble que le LPDF ait abouti à un processus qui est en faillite et qui ne sera pas la solution dont la Libye a besoin pour sortir de son impasse actuelle. L’Algérie a proposé un processus politique pour la Libye, mais la proposition algérienne repose sur le rassemblement de toutes les parties prenantes autour de la table, qu’il s’agisse de membres du GNA à Tripoli ou de la Chambre des représentants à Tobrouk, ou même d’acteurs non étatiques mais néanmoins puissants dans le paysage politique libyen, qu’ils soient ou non membres de l’État. L’Algérie a proposé un processus politique pour la Libye, mais la proposition algérienne repose sur le rassemblement de toutes les parties prenantes autour de la table, qu’il s’agisse de membres du GNA à Tripoli ou de la Chambre des représentants à Tobrouk, ou même d’acteurs non étatiques mais néanmoins puissants dans le paysage politique libyen, qu’ils soient ou non membres de l’État. Malheureusement, l’approche algérienne n’a pas été prise en compte, l’approche marocaine qui se déroulait parallèlement au LPDF qui a été initié à Skhirat ; cette approche semble avoir suscité plus d’intérêt que l’approche algérienne mais elle n’a pas donné de résultats non plus ; je pense donc qu’il est peut-être temps d’essayer de se rallier à l’approche algérienne pour résoudre les problèmes politiques en Libye et voir si elle porte ses fruits. quel est le pire qui puisse arriver, rien d’autre n’a réussi.

CADE:  Y a-t-il un risque que la Libye devienne un État divisé comme cela s’est produit au Soudan ?

Dr Geoff D. Porter : Je ne sais pas, je pense qu’il y a un désir de maintenir la Libye comme un seul état. La solution au conflit entre le Soudan et le Sud-Soudan ne s’est pas avérée fructueuse, comme vous le savez. Une fois que le Sud-Soudan est devenu indépendant, il a lui-même sombré dans une guerre civile, donc il ne semble pas que le modèle Soudan/Sud-Soudan soit le bon pour la Libye. Si la Libye devait être divisée en deux États-nations distincts, l’un de ces États-nations serait un pays riche en hydrocarbures, ce serait effectivement la partie de la Libye qui produit du pétrole aujourd’hui, et l’autre serait probablement un État dépendant, ce qui soulève des questions sur la viabilité de l’un ou l’autre de ces États pour les futurs États libyens. Je pense que la communauté internationale souhaite ardemment que la Libye reste un seul État-nation et qu’elle est très réticente à l’idée de créer deux nouvelles Libye – une Tripolitaine et une Cyrénaïque – donc je ne pense pas que ce soit la solution pour le moment et je ne pense pas que le pays aille dans cette direction. En ce qui concerne l’AFRICOM, qui a célébré son 10e anniversaire en 2018, je crois que il était censé être un type différent de commandement de combat. Il y a plusieurs commandements de combat différents dans l’armée américaine, vous avez les commandements centraux, le commandement Indo-Pacifique, les commandements du sud, les commandements du nord, les commandements européens, l’AFRICOM, un commandement Afrique était censé être différent de ces autres. Le commandement Afrique était censé être basé sur ce que l’on appelait à l’époque les 3 D, il était censé être basé sur la défense, la diplomatie et le développement. L’idée était de créer un commandement de combat qui s’appuierait sur ces trois domaines différents afin de créer une relation plus durable avec ses pays partenaires et d’obtenir de meilleurs résultats avec eux afin de garantir les intérêts nationaux des États-Unis. Tout d’abord, il y a évidemment la défense qui est ce qu’un commandement militaire devrait faire mais il y a aussi la diplomatie, le rôle plus conventionnel du département d’Etat, et il y a un ambassadeur AFRICOM basé à Stuttgart. Ensuite, il y a le développement, qui est plus un rôle de type US AID, où le commandement US-Africa aide à des projets éducatifs, des projets d’infrastructure, de sécurité humaine, des projets de cette nature. Ce qui s’est passé en fin de compte, c’est que l’armée américaine, en tant qu’armée américaine, a négligé les deux autres domaines, la diplomatie et le développement, au profit de la défense, ce qui est un résultat compréhensible, si vous parlez d’une armée, que fait-elle ? L’AFRICOM a finalement ressemblé aux autres commandements de combat. L’AFRICOM a connu des succès et des échecs dans d’autres domaines. Je pense qu’il a réussi à participer à la campagne de l’OTAN visant à empêcher Kadhafi de massacrer son propre peuple, ce qui a finalement conduit à la chute du régime de Kadhafi. Je pense que l’AFRICOM a réussi à s’associer au Mali, au Niger, au Tchad, au Nigeria et au Burkina Faso pour lutter contre les activités terroristes au Sahel. Nous savons que le Commandement Afrique a participé à l’élimination de certaines cibles de grande valeur parmi les organisations terroristes du Sahel, dont Abdelmalek Droukdel, le chef d’Al-Qaida au Maghreb islamique. Il y a eu des réussites, mais aussi des échecs, l’AFRICOM n’ayant pas rempli sa mission initiale, qui était d’établir un partenariat durable avec les pays africains et d’assurer une plus grande sécurité humaine et moins d’instabilité politique sur le continent. Je pense que l’un des problèmes auxquels l’AFRICOM a été confronté au cours de son existence est simplement la taille de l’Afrique elle-même, il y a 53 pays dans l’Union africaine, le commandement de l’Afrique, si vous le comparez aux autres commandements de combat, doit traiter avec beaucoup plus d’États-nations que les autres commandements de combat et il n’a pas la capacité de le faire, il a besoin de plus de ressources, de plus de personnel et de plus de mobilité. Je dirais donc que les critiques sont mitigées, qu’il y a eu quelques succès mais qu’il y a d’autres domaines dans lesquels je pense que vous pourriez faire des améliorations.

CADE : Comment l’Algérie peut-elle coopérer avec différents acteurs pour résoudre les conflits dans ces régions ?

Dr Geoff D. Porter : C’est une excellente question ! L’un des problèmes de l’Algérie est qu’elle a réussi à combattre le terrorisme à l’intérieur de ses propres frontières. Si vous repensez à 2002 ou 2003, vous hésiteriez à quitter Alger, vous hésiteriez à aller à Cheraga après la tombée de la nuit et vous ne penseriez même pas à vous rendre à Tigzirt ou à Tizi Ouzou, à Bejaia, vous n’iriez tout simplement pas, alors au cours des 19 dernières années, vous pouviez faire à peu près tout ce que vous vouliez, si vous vouliez aller à Constantine et revenir à Alger à 1 heure du matin au milieu de la nuit, vous le pouviez. L’un des problèmes de l’Algérie est qu’elle a réussi à combattre le terrorisme à l’intérieur de ses frontières, mais qu’en raison de ce succès, elle n’écoute plus personne. L’Algérie rencontrera les États-Unis, les Français et les États membres de l’OTAN, mais elle n’écoutera pas vraiment et je pense qu’elle pense avoir tiré toutes les leçons nécessaires, mais le champ de bataille change constamment, la technologie change constamment et la nature de l’engagement avec les acteurs non étatiques violents change également constamment.  Nous avons des menaces de nouvelles technologies dont l’Algérie n’est pas consciente, nous avons de nouvelles armes d’inspiration technologique que l’Algérie est mal placée pour combattre. Ainsi, l’une des choses que l’Algérie pourrait améliorer est d’être plus réceptive aux échanges avec ses partenaires, non seulement en participant aux échanges, mais en s’asseyant à la table et en écoutant ce que ses partenaires peuvent lui dire sur les nouvelles technologies ou l’émergence de nouvelles menaces, et ce serait ma recommandation numéro 1.

CADE : Merci d’être avec nous aujourd’hui au Centre algérien de diplomatie économique. 

VERSION ORIGINALE DE L’INTERVIEW – ORIGINAL ENGLISH VERSION

Dr.​ Geoff D. Porter is President, founder and managing director of North Africa Risk Consulting, Inc., a consulting firm specializing in political and security risk in North Africa. NARCOadvises multinational corporations on the political and security contexts in Algeria, Libya, Mauritania, Morocco, and Tunisia.

Dr. Porter was previously an Assistant Professor in the Department of Social Sciences at the United

States Military Academy at West Point and a researcher at the Combating Terrorism Center from

2013-2016. His research focused on conflict and instability and the extractive industries in North Africa and the Sahara.In 2017, you have contributed in the hearing before the subcommittee on counterterrorism and intelligence of the committee on HOMELAND SECURITY HOUSE OF REPRESENTATIVES on the one hundred fifteenth congress first session around terrorism in North Africa : AN EXAMINATION OF THE THREAT.

Dr. Porter has an MA in Classical Arabic and a Ph.D. in Middle Eastern Studies, both from New York University. He is fluent in Arabic and French and over the course of his career has traveled and lived extensively throughout North Africa. 

Algerian Center of Economic Diplomacy: Forbes mentioned in one of its reports that, “​Human trafficking is a $150 billion a year global industry.” Sub Sharian and North African regions represent a significant part of this illegal business. What factors contribute to human trafficking from subsaharian Africa through north africa into southern and northern Europe in your opinion? 

Dr Geoff D. Porter : Generally when you speak about migration and human trafficking is an illegal sub category of migration you talk about push and pull factors but there are incentives for sub saharan Africans to undertake a very difficult journey across the Sahel, across North Africa, across the mediterranean, and into Southern Europe those incentives include better work opportunities better educational opportunities better healthcare opportunities better housing opportunities and in general likely a better life for them and their children. In addition, there are the the negative push incentives or push factors emerging from Sub Saharan Africa itself where you basically have the mirror image of what is taking place in in Europe you have a very uneven playing field which contributes to the dominance of an economic social and political elite and the marginalization of the majority of Sub Saharan African populations from their country’s economic lives their country’s political lives educational lives etc. Corruption is a major factor in determining poor circumstances for sub saharan Africans and they seek better opportunities in Europe. In addition, you have human security issues, lack of food, lack of education, lack of health care, lack of housing, the preponderance of criminality and/or political violence. There are a host of factors that are incentivising or pushing Subsaharan Africans to seek a better life in Europe and then there are a host of factors in Europe that are attractive to Sub Saharan Africans that draw them or pull them towards Europe. The combination of the push and pull I think is so powerful that as you mentioned many sub saharan Africans are willing to risk life-and-death crossing the Sahel crossing North Africa which also can be a hospitable environment and then even crossing the mediterranean in boats and we’ve seen that throughout the summer months but even into Winter months as well. Human trafficking is a subset of migration where you have criminal organizations that exploit that those push and pull incentives or push and pull factors and traffic in people from sub saharan africa to North Africa and then on to across the mediterranean to Europe. 2/

CADE : Considering​ Illicit businesses such as Drugs, Counterfeits, Illicit Arms Trafficking; Cigarettes, Cargo Theft and Stolen Oil. Could you translate the aforementioned businesses into numbers in Sub Sharian and north African regions.? Also, Based on your data, what are the most illicit businesses held in Libya, Niger, Chad, and Mali?

Dr Geoff D. Porter : I would also include in those activities that you mentioned trafficking in endangered species, illegal fishing, poaching of wildlife and more often than not what you will find is that the same types of organizations that are involved in drug smuggling, contraband, human trafficking, are also involved in illegal fishing or in a poaching of wildlife or trafficking in endangered species more often than not, all these overlapping or interlocking criminal enterprises that exploit the same kinds of networks and they exploit the same kinds of channels to transit their illegal merchandise either North to Europe or South into the Subsaharan Africa. In regards to the activities that are most prominent in Niger and Libya. Libya is a chaotic environment in which a range of illegal activities take place often under the protection of militias that are loosely allied with the Libyan state itself so it becomes very difficult to police them effectively the policemen are the criminals and they are less and unwilling to police themselves. You do have human trafficking I think that that human trafficking tragedy reached its peak in the2018, 2019 timeframe where you actually had slave markets in Libya where the traffic individuals were being sold from one trafficking organization to another tracking organization. In addition, even during the Kadhafi era and in the 2012 timeframe the 2014 timeframe, if you walked through the markets of Tripoli or if you walked through the markets of Benghazi, you would find endangered wildlife, you would find trafficked gems, you would find trafficked gold, you could find any kind of drug that you wanted, whether that illegal drugs like cocaine or Hashish or a prescription drug that had expired in Europe and was now being sold in Libya as a viable medical treatment. The criminal environment in Libya represents the full spectrum of illegal activities from poaching to drug smuggling to human trafficking. Niger, is more limited although you do have a propensity of human trafficking in Niger where traffickers transit their human cargo from Niger into Libya and then from Libya on to Europe you also have the preponderance of illegal pharmaceuticals that are now appearing in Niger in quite significant numbers as well as there is recently a discovery by the Nigerian police of an enormous discard cache of probably Moroccan Kief, but It was identified as Lebanese Hashish. In more likelihood it was Moroccan Hashish rather than Lebanese Hashish. Agains, Niger is not as lawless and the criminal environment is not as rampant in Niger as it is in Libya but you still do have significant touch points regarding human trafficking and drug smuggling.

CADE: Does this make Libya a fertile ground for terrorists or terrorist attacks and risks ?​     

Dr Geoff D. Porter : Yes​ and No, terrorist organizations do benefits financially from criminal activities we know this a classic example of this was Mokhtar Belmokhtar who is now dead, he initially raised money for the organization that he was part of at the time the GSPC by selling contraband cigarettes, marbles, and we also know that Islamic state had profited through from the sale of traffic’s fuels, whether it was gasoline or diesel and Islamic state also profited from the human trafficking. So, there is a relationship between terrorist organizations and criminal activity that criminal activity does provide financial support for terrorist organizations and it does allow them to undertake their primary goal which is terrorism which is to advance their political agenda. However, my argument as consistently been that the main drivers for terrorism are lack of rule of law, poor governance, and high levels of corruption. If you look at what terrorists want more often than not whether you believe them or not more often than not what they want is to transform societee in a way that they think is more just and more fair. So if you can address issues of governance if you can adress issues of Justice if you can address issues of corruption if you can address issues of fairness, then I think you can go a long way towards combating terrorism now coincidentally a lot of those issues good governance and Justice also go a long way towards combating criminal activity. So the two work hand-in-hand except I think the primary driver for terrorism is poor governance corruption and lack of Justice in criminal activity happens to overlap with those a lot. 

CADE: Given​ your familiarity and background with Algeria, what type of illicit businesses you have found that are prominent in Algeria?  

Dr Geoff D. Porter : It is quite interesting because the amount of illicit business taking place in Algeria in comparison to the illicit activity taking place in Libya Tunisia Morocco Niger, Chad is insignificant. There is a much greater and much more consistent security presence in Algeria which allows it to limit activities like human trafficking, trafficking in endangered species, drug trafficking. You do have a the occasional discovery of large caches of drugs that drug traffickers were trying to move through Algeria, you do have instances of illegal immigration through Algeria but it often times those people are not being trafficked through Algeria, they’re simply trying to pass through Algeria on their way to Europe and you also do have instances of cocaine sales, Hashish sales, sales of illegal or expired pharmaceuticals but in comparison to its neighbors, Algeria’s numbers are really really low and I think one reason for that is that Algeria does spend a significant portion of its annual budget on its defense sector and that defense sector is dedicated to protecting Algeria’s borders, it polices Algeria’s borders much more rigorously than for example libya’s own security services do and in addition you have a large percentage of the budget that goes to the Gendarmerie in Algeria so they police the domestic environment very rigorously as well so you do that criminality in Algeria I think every society has criminality but it’s interesting that Algeria’s levels of criminality and transnational criminal activity are much less than those same activities among Algeria’s neighbors.

CADE: Due​ to the institutional fragility of countries in the Sahel region, a joint force was formed to combat the threat of terrorism and organized crime, called the G5.  How must this force operate as a priority to achieve this objective?

Also, given the fact that Libya represents a great security challenge mainly for Algeria and Egypt. What is the best solution according to you to find an accord between the government of Benghazi and Tripoli?

Dr Geoff D. Porter : In regards to the G5, thG5 is in a difficult situation, it has a very big mandate what the G5 is supposed to do ultimately is so far beyond what the G fives current capabilities are. So there’s been a series of plans and proposals to increase the capacity of the G5 member States in order to allow them to eventually take on the responsibilities that they were charged with at the very beginning of the creation of the organization. One of the problems is that the money that was committed to support these plans and proposals to increase the G5 member states capacities hasn’t been as forthcoming as was expected so in affects the G5 largely exists on paper it has considerable military leadership each of the G5 member States has committed a number of officers to support the G 5’s initiatives and to support the G-5’s missions but at the end of the day the majority of work that the G5 is supposed to take on for itself is being undertaken by other foreign militaries in Mali and neighboring Niger. So, you have a host of European militaries as well as a US-military presence in Mali and Niger that serve as a proxy or a replacement for what the G5 is ultimately supposed to do if the money ever comes in and its full commitment to the G5 then it’s possible that the G5 can assume the responsibilities that were assigned to it at the very beginning but until that happens I think the G5 will always be standing behind a foreign military force that will be doing the bulk of the heavy lifting in order to establish security in northern Mali and in Southwestern Mali as well now. In regards to Libya there has been a dedicated UN process which recently culminated in the selection of a new government of their Libyan political dialog forum the LPDF. However, it has since come to light publicly that the LPDF process was beset with corruption that it’s suffered from the influence of financial actors and benefactors to different proxy political actors and as results there are questions about the legitimacy of the new government of national unity GNU. What’s also interesting is that members of the LPDF and

members of the UN panel of experts that were participating on the sidelines of the LPDF as well as members of the United Nations support mission to Libya knew about the corruption problems inside the LPDF as far back as November. Now, because the LPDF was supposed to produce a government of national unity and it was supposed to lead Libya out of its current Civil War it appears as if members of the UN, members of the UN panel of experts as well as members of the LPDF itself refused to deal with the questions of corruption within the that the process and sickly drove that process through to its end hoping that the process itself would serve as a validation of the new government rather than focusing on the problems that were in partial of the process. So we have a government of national unity, we have a new Prime Minister in Libya that Prime Minister is said to have bought the votes withinside the LPDF that allowed him to win and it looks like there’s a potential for renewed Civil War and there’s a potential for simply a repeat of the problems that impacted the government of national accord the GNA that preceded the GNU the government of national unity and and looks like the LPDF has resulted in a process that is bankrupt and that it will not be the solution that Libya needs to get it out of its current impasse. Now, Algeria has proposed a political process for Libya but the Algerian proposal relies on bringing all stakeholders to the table whether they are members of the GNA and in Tripoli or the House of Representatives in Tobruk or even if they’re non state actors but still powerful actors within the Libyan political landscape whether or not they are members of the state. Unfortunately, the Algerian approach has been disregarded, the Moroccan approach which was running parallel to the LPDF that was initiated in in Skhirat that approach has seemed to have garnered more trained attraction than the Algerian approach but it hasn’t produced any results either so I think it may be time to maybe try to rally behind Algeria’s approach to solving the political problems in Libya and see if they bear fruit. What’s the worst that can happen? Nothing else has succeeded.

CADE:  Is there a risk that Libya will become a divided state as happened in Sudan?​ What are the actions of the United States through Africom to bring back stability in Africa?  

Dr Geoff D. Porter : I don’t know, I think there is a desire to maintain Libya as a single state. The solution to the Sudan/ South Sudan conflict has not proved to be successful as you know at once South Sudan became independent it itself descended into a Civil War so it does not look like the Sudan South/Sudan model is the correct one for Libya. If Libya were to be divided into two separate nation States, one of those nation States would be a hydrocarbon rich country it would effectively be the oil producing section of Libya today and the other would be probably a dependent state and then that raises questions about the viability of one or both of those to the future Libyan States so I think there is a tremendous amount of desire in the international community to see Libya remain as a single nation state and there is a lot of reluctance to go down the path of creating two new libya’s a Tripolitania and a Cyrenaica so I don’t think that is the solution for now and I don’t think the country’s heading in that direction. In regards to AFRICOM, it celebrated its 10th anniversary in 2018 I believe AFRICOM was supposed to be a different kind of Combatant command​ there are several different

Combatant commands​ in the United States military you have central commands Indo-Pacific Command, southers commands, northern command’s, European command’s, AFRICOM, an Africa command was supposed to be different then those others. Africa command was supposed to be based on what was at the time called the 3 D’s, there was supposed to be based on defense diplomacy and development. The idea was that you would create a Combatant command​ that would draw upon these 3 different domains to create a more lasting relationship with its partner countries and to create better outcomes with its partner countries that would secure the United States national interests. 1st you obviously have defense which is what you know a military command should do but then there was also diplomacy the more conventional state department role and there is an AFRICOM ambassador based in Stuttgart then there were supposed to be development which is more of a US AID type role where US- Africa command would help with infrastructure projects, educational projects, human security projects, things of that nature. What ultimately happened though was that the US military in being that US military the other 2 d’s diplomacy and development were neglected in favor of defense, which is an understandable outcome, if you’re talking about a military what is a military do the military does defense it’s not natural for a military to do diplomacy and development. AFRICOM ultimately resembled the other Combatant commands.​ AFRICOM has had some successes and it has fallen short in other areas. I think it was successful in participating in the NATO campaign to stop Kadhafi from massacring his own people and ultimately leading to the removal of the Kadhafi regime. I think AFRICOM has been successful in partnering with Mali, Niger, Chad, Nigeria, Burkina Faso in combating terrorist activity in the Sahel. We know that the Africa command has participated in the elimination of some high value targets among terrorist organizations in the Sahel including Abdelmalek Droukdel the head of Al-Qaeda in Islamic Maghreb. There happened some successes but there have also been some failures where AFRICOM has not lived up to its initial mission of establishing an enduring partnership with African countries and leading to a greater human security and less political instability throughout the continent. I think one of the problems of AFRICOM has faced over the course of its existence is just the sheer size of Africa itself there are 53 countries in the African Union Africa commands you compare it to other combatant commands is just dealing with a lot more nation States than other combatant commands and it doesn’t have the capacity to do that it needs more resources it needs more personal and needs more mobility. So I would say you know the reviews are mixed. It’s had some successes but there are other areas where I think you could do to make improvements.

CADE: How can Algeria cooperate with different actors to resolve conflicts in these regions ?

Dr Geoff D. Porter : That’s a terrific question! One of Algeria’s problems is that it has been successful in combatting terrorism within its own borders. If you think back to 2002 or 2003, you would be reluctant to leave Algiers, you would be reluctant to go to Cheraga after dark and you wouldn’t even think of traveling to to Tigzirt or toTizi Ouzou, Bejaia, you just wouldn’t go so over the course of the last 19 years you could pretty much do whatever you want you don’t you can if you want a drive to Constantine to drive back they think and return to Algiers at 1:00 a.m. in the middle the night you can. If you want to go to Tipaza, you can. So, one of the problems that Algeria has had though is that it has been somewhat very successful in combatting terrorism within its own borders, the problem is that because it has been successful Algeria doesn’t listen to anybody anymore. Algerian it will meet with United States, it will meet with the French it will meet with NATO member States but it doesn’t really listen and I think Algeria thinks that he has learned all the lessons it needs to know but the battlefield is always changing, the technology is always changing, and the nature of the engagement with violent non state actors is also always changing. We have new technology threats that I think Algeria is unaware of, we have new technologically inspired weapons that I think Algeria is poorly positioned to combat. So, one of the things that Algeria could do better is to be more receptive to exchanges with its partners, not just participating exchanges but sit down at the table and listen to what its partners can possibly tell it about new technologies or the emergence of new Threats, and that would be my number 1 recommendation.    

Entretien réalisé par l’équipe du Centre Algérien de Diplomatie Économique.


Vous pouvez aussi nous suivre sur :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
16 ⁄ 8 =


Email
Facebook
Twitter
LinkedIn